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Article mis en ligne le 14 août 2017, rédigé par Arnaud Gonzague.

1 Ngöndro

Ces "préliminaires" sont une série de pratiques préparatoires à des disciplines plus avancées – même s’ils peuvent occuper toute une vie, tant ils sont profonds et exigeants. Contemplation des "quatre pensées" (dont l’impermanence, le karma et la souffrance des renaissances dans le samsara). Prosternations "sur les cinq points" (genoux, mains, front). Récitation du mantra des cent syllabes à Vajrasattva afin de se purifier des émotions négatives. Offrande du mandala, qui symbolise toutes les richesses et toutes les qualités de l’univers, afin de se libérer de l’attachement. Et enfin "Guruyoga", la pratique la plus essentielle des ngöndro : visualisation du maître sous la forme d’un bouddha, à qui l’on offre des prières et des offrandes et dont on reçoit des transmissions de pouvoirs.

Dans cette pratique, le maître se dissout dans la lumière et se fond en son disciple, au point que la sagesse de ce dernier devient le miroir de celle du maître.

2 Six yogas de Naropa

Pratique exposée par le maître Naropa (1016-1100), incontournable dans les traditions Guélougpa et Kaguypa. Elle comprend six étapes, dont trois essentielles. Le toumo : "violent embrasement" qui consiste à faire grandir en soi une flamme intérieure, au point de ressentir une chaleur intense. Grâce au toumo, les yogis peuvent méditer dans les neiges himalayennes sans éprouver d’inconfort. La deuxième étape est le gyoulé, "corps illusoire", qui permet au yogi de réaliser que son corps est dépourvu de réalité, puis de percevoir que le samsara et le nirvana sont également des illusions. La dernière pratique fondamentale est eusel, "claire lumière". Elle fait entrer le pratiquant dans un état de semi-torpeur, puis le fait glisser dans le sommeil tout en demeurant conscient. Le sommeil de claire lumière est une préfiguration de ce qui accueillera le pratiquant au moment de sa mort.

3 Tonglen

Méditation qui conduit à développer la compassion à l’égard de tous les êtres en pratiquant le donner et le recevoir (signification de "tonglen"). Le yogi, en inspirant, recueille en lui la fumée noire de la souffrance universelle et la dissout dans la vacuité. En expirant, il distribue tout son bonheur et son bien-être sous l’aspect d’une lumière blanche.

4 Mahâmudrâ des tantras

Le "Grand Sceau" est l’ensemble de pratiques tantriques du Vajrayana visant la "grande félicité" et la sagesse véritable, c’est-à-dire la compréhension du lien entre vacuité et félicité. Cette tradition contemplative qui n’exige pas de changement dans le mode de vie, se focalise sur l’esprit lui-même afin d’en connaître la véritable nature, toujours libre et joyeuse, quelles que soient les conditions extérieures. Il comporte notamment deux types de méditation, shamatha ("repos dans la nature de l’esprit") et vipashyana ("vue claire").

5 Mantra

Formule sacrée que l’on répète et qui est considérée comme un son de la réalité absolue, au-delà des apparences et des conditionnements. C’est, en d’autres termes, la vibration sonore de la sagesse du Bouddha. Chaque mantra a un objectif : certains font naître des visualisations (images mentales), d’autres sont des offrandes aux maîtres ou aux déités, d’autres encore servent à des activités précises (apaisement, magnétisation, longévité, transmission d’un pouvoir…). Le mantra dit "des six syllabes" (om padme mani padme hum), le plus courant au Tibet, est recommandé en cas de souffrance, la nôtre ou celle des autres.

6 Mandala

Représentation graphique ou mentale de l’univers et de la quintessence de toutes choses. Ce "centre entouré de quelque chose qui le cerne" (signification de mandala en sanscrit) a la forme d’une roue – l’univers bouddhiste est un cercle – avec, au centre, un palais carré où trône une déité avec ses disciples, entouré de divers cercles (de lumière, de lotus, de feu…). Le mandala est un support pratique de méditation et de visualisation permettant d’atteindre la sagesse des bouddhas. Il peut être peint en deux dimensions, composé avec des sables colorés, ou sculpté en trois dimensions, comme l’immense mandala en cuivre doré de Kalacakra conservé dans le palais du Potala, à Lhassa.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

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Article mis en ligne le 7 août 2017, rédigé par la rédaction de ligneclaire.info.

C’est un évènement rare que propose la Galerie Forêt Verte à Paris avec cette exposition inédite des planches originales écrites et dessinées par Alejandro Jodorowsky entre 1967 et 1973, Les Fábulas Pánicas. Du 23 septembre au 21 octobre, on va pouvoir découvrir ce que la galerie qualifie à juste titre d’un vrai Ovni graphique, surréaliste et ésotérique, dans l’esprit des riches heures psychédéliques et existentielles des années 70. Vernissage le 22 septembre à 18h30 en présence d’Alejandro Jodorowsky.

Retour en arrière. Les Fábulas Pánicas doivent leur titre à l’anti- mouvement Panique (en hommage au dieu Pan, dieu dé- bridé de la fertilité puis incarnation du Tout) dont Jodorowsky fut avec Arrabal, Sternberg et Topor le cofondateur.Les trois auteurs s’étaient rencontrés en 1960 à Paris, et se réunissaient avec Olivier O. Olivier, Christian Zeimert et Abel Ogier, au café de La Paix du quartier de l’Opéra. Ils adoptèrent entre eux le nom de Burlesque. Puis, ils optèrent pour Panique en 1962, c’est ainsi que parurent Cinq récits paniques dans la revue La Brèche que dirigeait André Breton.

Fábulas pánicas

Complètement inédite en France, cette série de fables philosophiques constitue un journal intime créé pendant une période où le travail artistique de Jodorowski fut considéré comme subversif, dangereux et délétère. Après avoir monté les pièces de Strindberg et Ionesco ou ses propres œuvres telle La ópera del orden, pièce panique par excellence, il suscita un énorme scandale pour avoir attaqué les institutions nationales. Il joua alors pour d’autres metteurs en scène, sous le pseudonyme de Martín Arenas. Les Fábulas Pánicas ont été publiées en un seul volume pour la première fois en 2003, par l’éditeur Daniel González Dueñas pour les éditions Grijalbo / Random House Mondadori à Mexico. Initialement, Les Fábulas Pánicas avaient été proposées en feuilleton, grâce à l’intervention amicale de Luis Spota, dans le supplément culturel du dimanche du journal El Heraldo de México, de 1967 à 1973.

Au début des années 1960, Alejandro Jodorowsky, après un séjour en France, se retrouve à Mexico qui vit une période de censure brutale pour les avant-gardes, notamment dans le théâtre. C’est pourtant dans ce contexte de difficultés créatives et politiques que Les Fábulas Pánicas virent le jour ou plutôt la nuit : après l’heure des représentations et jusqu’à quatre heures du matin, sur un coin de table du Cabaret la Vendimia, entre le maquillage, les plats du dîner, les divers accessoires tels que de faux seins en caoutchouc et autres éventails à plumes, Jodorowsky dessine sa première fable. Armé d’un crayon et d’une gomme, il mit lentement une semaine pour la réaliser. Suivirent alors de nombreuses planches inspirées par la littérature kafkaïenne, représentant des anti-héros trempés dans l’humeur névrotique de leur créateur, dixit l’auteur lui-même. Mais, très vite l’enseignement Zen – dû à sa rencontre avec Ejo Takata, moine Zen dont il fut le disciple – releva la température spirituelle des fables. Les thèmes initiatiques et la symbolique sacrée intégrèrent peu à peu les « historiettes ». Un syncrétisme salvateur initié avec les Fábulas Pánicas qui nourrira ses réalisations et scénarii.

Fábulas pánicas

En effet, dans la même période où il conçut les Fábulas Pánicas, Jodorowsky crée sa maison de production poursuivant ainsi la philosophie créatrice panique et réalise son premier long métrage Fando et Lis en 1967 à Mexico. Il s’agit d’une adaptation libre de la pièce d’Arrabal, qu’il avait monté au théâtre peu auparavant. Un tournage quasi improvisé dans des décombres et des terrains vagues. Décrit comme une pépite, ce film en noir et blanc, poétique et surréaliste est influencé par les thèmes d’un cinéma de genre mêlant sexualité, croyances, corruption, violence à un ésotérisme singulier. Le film fera scandale lors de sa projection en 1968 au Festival d’Acapulco. Suivra El Topo, en 1970, version mystique déjantée et détournée du western spaghetti. Jodorowsky publiera la suite dans la BD Les Fils d’El Topo. En 1973, il réalise La Montagne sacrée, vision psychédélique et transgressive autant qu’élaborée de la recherche de l’immortalité. L’élan donné par ses deux premiers film le conduit à développer à partir de 1974 un projet devenu mythique, l’adaptation de Dune, dont le documentaire de Frank Pavich Jodorowsky’s Dune, restitue toute l’ampleur.

Galerie Forêt Verte, 19, rue Guénégaud, 75006 Paris

Source : https://www.ligneclaire.info

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Article mis en ligne le 9 août 2017, rédigé par Vincent Hiribarren.

Questions à Erin Pettigrew, assistante professeure à l’Université de New York (Abu Dhabi) et spécialiste de l’histoire de l’Islam en Afrique de l’Ouest.

Quelle était l’importance de l’islam ésotérique pour les habitants de la Mauritanie coloniale ?

Les médiateurs spirituels musulmans ou les experts qui pouvaient manipuler les sciences ésotériques islamiques ont joué un rôle important en aidant les populations sahariennes à s’attaquer aux problèmes quotidiens que ce soit ceux de la famine, des incursions armées dans leurs communautés, ou bien les nouvelles impositions de l’administration coloniale française comme les nouvelles entraves au mouvement ou la dépendance préexistante au travail des esclaves. En bref, tout ce qui menaçait les efforts visant à établir des moyens de subsistance stables dans un environnement politique et géographique précaire. Dans une région qui n’a pas connu d’Etat pendant la majeure partie de son histoire, ces populations ont mobilisé ces forces spirituelles pour répondre aux préoccupations locales concernant la reproduction sociale et les systèmes hiérarchiques, la sécurité physique et politique, les moyens de subsistance et la santé physique et psychologique. Par exemple, en 1907, les habitants du fleuve Sénégal ont invité un clerc musulman versé dans ces sciences pour les aider à débarrasser leur village de fonctionnaires coloniaux français et de soldats africains en enterrant des amulettes dans le sol et en empoisonnant le puits colonial avec une potion que le clerc a concoctée. Même le cheikh Ma ’al-'Aynayn (Ma El Aïnin), le leader soufi qui a obsédé les Français parce que ce « jihadiste » se battait contre le régime colonial, était beaucoup plus respecté et craint localement en raison de sa capacité à mobiliser les esprits et les forces ésotériques pour des besoins immédiats et locaux plutôt que pour sa capacité à échapper à l’armée coloniale. Le colonialisme a imposé des restrictions visibles à la vie quotidienne et les villageois ont mobilisé leurs armes les plus puissantes – les armes métaphysiques - pour lutter contre ses agents.

Votre recherche révèle que de nombreuses personnes étaient accusées d’être des suceurs de sang. Que nous dit cette accusation des communautés désertiques ?

J’aimerais pouvoir répondre de façon définitive à la fréquence de ces accusations. Cependant, je n’ai tout simplement pas toutes les données nécessaires pour faire valoir la prévalence de la pratique. Les sources dont je dispose montrent que « sucer le sang » se traduit plus précisément par « extraire le sang », plus exactement dans le Sahara où les populations désertiques semi-sédentaires sont entrées en contact avec des esclaves qui travaillaient dans des oasis de dates. Les communautés voisines Halpulaaren, Wolof et Soninké partagent une langue qui fait référence au phénomène de « manger de la chair humaine » comme un phénomène apparenté, mais cette manifestation spécifique de drainer de façon invisible le sang de quelqu’un par un regard semble être spécifique au sud-ouest du Sahara. Les textes produits en arabe par des savants sahariens locaux mentionnent cette extraction du sang et des forces vives comme une pratique existante dans la région à la fin des XVIIIe et XIXe siècles. Ces textes en condamnent la pratique, en la classant comme interdite par l’islam. Les documents coloniaux rapportent très rarement de telles accusations et, en général, seulement après que les communautés ont décidé d’attaquer - souvent de tuer - la personne accusée de nuire à d’autres en supprimant ces liquides pour des raisons néfastes. Les officiers coloniaux ont été informés de cette violence, bien qu’ils aient rarement agi de manière significative, ne croyant pas aux accusations elles-mêmes, mais ceux-ci ne savaient pas comment traiter la question administrative une fois qu’elle s’était produite. Dans les cas documentés, la personne accusée de sucer du sang était toujours d’origine servile et, par conséquent, n’avait pas de parenté ou de famille pour la défendre en son nom. Les administrateurs coloniaux étaient réceptifs par ailleurs à la nécessité de tolérer la persistance de l’esclavage bien après le décret de 1905 l’abolissant en Afrique Occidentale Française (AOF) afin d’éviter les problèmes d’autorité avec d’importants groupes tribaux.

En révélant la fonction cruciale des idées de race, de hiérarchie sociale et d’appartenance, ces différents récits résument à eux seuls la spécificité de ces accusations dans cette zone de contact entre bidan, populations arabophones et libres, et populations « noires », entendues comme non musulmanes et donc asservissables. Imaginés comme rituellement puissants par les bidan, les Bambara et autres esclaves africains ont une réputation d’experts dans l’art de concocter des remèdes à base de plantes et du poison, dans la magie nuisible et dans la nourriture à base de chair humaine. Souvent identifiés comme non musulmans ou seulement marginalement, même après leur conversion, ces populations « noires » auraient pratiqué des sciences interdites par le Coran tant ces connaissances illicites les faisaient paraître particulièrement dangereux. La plupart des incidents signalés en arabe ou en français montre que les oasis de dates sont les lieux les plus touchés par ces incidents car c’est là que les esclaves ont été amenés en tant que marchandises à travers le désert et qu’ils ont été forcés à travailler. De toute évidence pour les bidan, il était concevable que les esclaves dans les communautés des oasis aient pu exercer leur puissante magie contre les communautés musulmanes locales.

Dans mes entretiens ethnographiques sur place, les historiens et les personnes âgées ont tendance à expliquer les accusations de sucer du sang comme un moyen de rationaliser les maladies causées par l’anémie, le diabète, le paludisme ou l’hypertension artérielle. Pour d’autres, il s’agit en fait de la consommation de viande restreinte chez les esclaves mal nourris qui a conduit certains à sucer le sang d’une autre personne. Dans une région où la viande était à la fois un ingrédient coûteux et vital du régime du désert, ces liens entre la viande rouge et les histoires de suceurs de sang semblent particulièrement évocateurs des défis de la vie dans le Sahara. Bien que les sources arabes antérieures n’indiquent pas le genre comme un facteur notable chez les suceurs de sang, certains rapports coloniaux et la majeure partie de mes conversations avec les Mauritaniens indiquent que les femmes étaient plus susceptibles d’être soupçonnées de ce crime. Il semblerait que ces accusations aient servi de forme de contrôle social dans le cas où certaines femmes menaçaient les structures de hiérarchie sociale établies.

Que peut apporter l’étude de la magie à notre compréhension historique de la Mauritanie et de l’Afrique Subsaharienne ?

Eh bien, premièrement, j’essaie d’utiliser ce terme de « magie » avec modération puisque la catégorie signifie énormément de choses vagues et différentes pour les gens et sa traduction approximative en termes locaux en Mauritanie n’est pas mon objet d’étude. Des experts dans les sciences ésotériques islamiques qui s’appuient sur les esprits invisibles et les forces divines pour faire leur travail considèrent plutôt leurs techniques comme s’appuyant sur des connaissances islamiques licites et non sur des méthodes opaques visant à nuire à d’autres - ce qu’ils appellent l’équivalent de « magie ». Comme les recherches antérieures l’ont clairement montré, ces sciences et leurs experts ne sont guère spécifiques à l’histoire ou au présent ethnographique de la Mauritanie ou de l’Afrique de l’Ouest et, en tant que tels, ils ne représentent pas ce que Terence Ranger a critiqué à juste titre comme l’insistance sur la « relation particulière de l’Afrique avec l’occulte ». Au lieu de cela, les techniques de la géomancie, de la divination du sable, de la communication avec les esprits et de la récitation coranique sont souvent partagées entre le temps et l’espace dans tout le monde musulman, du Sahara au détroit de Malacca. Ce que j’essaie de faire, c’est de situer les populations sahariennes dans une histoire mondiale de l’Islam et de ses sciences ésotériques tout en faisant valoir que ces populations ont mobilisé des forces spirituelles pour répondre aux préoccupations locales concernant la reproduction sociale et les systèmes hiérarchiques, la sécurité physique et politique, les moyens de subsistance et la santé physique et psychologique.

En partie, j’essaie de répondre à l’appel de Dipesh Chakrabarty pour que les historiens poussent les limites épistémologiques du genre d’histoires que nous racontons et d’éviter ce qu’il appelle « la politesse de l’anthropologue » en reconnaissant seulement « les croyances » dans les esprits et les forces invisibles chez les personnes que nous étudions. Au lieu de cela, j’aimerais que les historiens accordent beaucoup plus d’espace et d’attention à la présence de ces esprits et aux experts qui les manipulent parce que les deux (les esprits et leurs médiateurs) ont historiquement joué un rôle central en tant qu’agents de changement dans la protection des communautés des menaces existentielles. Essentiellement, ces sciences étaient les moyens les plus efficaces que la plupart des gens avaient à leur disposition pour gérer les défis de la vie quotidienne et les changements structurels et politiques plus importants au fil du temps. En effet, les habitants du désert ont consacré beaucoup de temps et de ressources à essayer de contrôler et d’accéder à ces forces invisibles pour obtenir les résultats qu’ils souhaitaient. La dépendance à l’égard de ces sciences ésotériques islamiques a eu des conséquences réelles sur les actions des gens et sur l’histoire de la région. Les ignorer ou les expliquer comme de simples expressions d’un outil politique ou social ne permet pas une représentation précise des façons dont les Sahraouis expérimentent et expliquent leur propre passé.

Source : http://libeafrica4.blogs.liberation.fr

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Article mis en ligne le 11 août 2017, rédigé par Mélinée Le Priol.

Rennes-le-Château, étonnant village des environs de Carcassonne, commémore ce week-end le centenaire de la mort de l’abbé Saunière. Ce prêtre controversé aurait découvert, à l’aube du XXe siècle, un fabuleux trésor.

Qui était vraiment Bérenger Saunière ? Chanceux ou opportuniste, rêveur ou escroc, homme de foi ou hérétique : un siècle après sa mort, les spéculations vont toujours bon train. Sébastien Choplin, qui travaille dans la sécurité ferroviaire près de Tours, recourt à un autre qualificatif. « C’est un gardien, l’abbé ! Il garde un secret. Pour le percer, il faut savoir déchiffrer ses codes. Moi, j’en ai déjà compris une bonne partie… »

Comme des centaines d’autres, ce père de famille s’obstine, depuis plus de vingt ans, à lever le mystère de Rennes-le-Château (Aude). « À chaque fois qu’on revient, il découvre un nouveau truc », soupire sa femme, mi-amusée, mi-excédée.

Symbolique des chiffres, figures de tarot, jeux de mots : rien n’a été laissé au hasard, assure Sébastien, qui connaît par cœur l’église où l’abbé Saunière aurait semé ses indices. Un jour, il écrira un livre. Ce ne sera pas le premier sur le sujet : près de 200 ouvrages seraient déjà parus à son propos, garnissant depuis des décennies les rayonnages « ésotérisme » des librairies. L’un d’eux, L’Énigme sacrée, a inspiré le Da Vinci Code de Dan Brown.

Le « curé aux milliards »

Ces jours-ci, écrivains, chercheurs de trésor et autres passionnés se sont donné rendez-vous dans ce « village de fous » de 22 habitants, perché sur une colline de la haute vallée de l’Aude, au sud de Carcassonne. À la troisième édition du festival du film insolite, mercredi 9 et jeudi 10 août, succèdent le week-end suivant des commémorations plus traditionnelles : conférences, dédicaces, visites en costumes d’époque…

Tous sont venus pour le « curé aux milliards », tel que l’a rebaptisé La Dépêche du Midi en 1956. En 1885, le jeune Saunière, professeur de séminaire à Narbonne, se voit nommé curé de Rennes-le-Château, village aussi pauvre que délabré. Et voilà qu’il y entreprend bientôt des travaux colossaux : la rénovation de l’église et du presbytère, mais aussi la construction d’une villa style renaissance, d’une tour néogothique, d’un belvédère, d’un jardin luxuriant… D’où peut-il tenir tout cet argent ?

Trafic de messes

De son vivant, l’Église l’accuse d’avoir organisé un fructueux trafic de messes et le suspend même « a divinis » après un procès canonique en 1910. Mais cette explication ne satisfait pas les esprits curieux, qui préfèrent voir dans ces messes payantes une ruse de l’abbé pour brouiller les pistes ou blanchir son argent.

Au cours du XXe siècle, les rumeurs de trésor ne cessent d’enfler. À tel point qu’un panneau dissuade encore le visiteur, à l’entrée du village, de creuser des trous dans le sol ! L’arrêté municipal date de 1965, après qu’un radiesthésiste zélé a recouru à la dynamite pour mettre au jour un souterrain.

« Cette rumeur de trésor puise ses origines dans certains faits incontestables, comme les fouilles réalisées par le prêtre dans le cimetière attenant à son église », explique Christian Doumergue, auteur d’un ouvrage plutôt documenté (1). Convaincu, comme beaucoup, que l’abbé a bien « trouvé quelque chose », il souligne que le passé mouvementé de la région rend l’hypothèse plausible, puisque les Wisigoths aussi bien que les Cathares auraient caché dans les environs des butins jamais retrouvés.

100 000 visiteurs par an

D’autres théories attribuent la fortune de l’abbé à la découverte de documents annonçant la date de la fin du monde ou prouvant que Jésus et Marie-Madeleine ont donné naissance à la dynastie des Mérovingiens… Nées à partir des années 1960, elles séduisent de nombreux visiteurs – le village continue d’en accueillir 100 000 par an, selon la mairie. Certains lui font des dons généreux, qui servent à l’entretien de l’église et du domaine, devenu un musée.

« On a vu passer des médiums, des Atlantes, des réincarnations de Jésus, sans parler des extraterrestres ! », s’agace Claire Captier. Fille de Noël Corbu, l’industriel perpignanais qui a racheté en 1946 le luxueux domaine de l’abbé Saunière, cette octogénaire catholique a grandi entre la tour Magdala et la villa Béthanie, les audacieuses constructions de l’abbé. Elle a aussi connu sa servante, Marie, avec laquelle le prêtre aurait eu une liaison, selon la rumeur. « Certains viennent ici parce qu’ils en ont contre l’Église », regrette-t-elle.

« Rêve de grandeur »

Pour elle, si l’abbé Saunière a certes cédé à son « rêve de grandeur » en organisant de fastueuses réceptions, il n’en était pas moins un prêtre dévoué et apprécié des paroissiens. De son côté, le diocèse de Carcassonne tient à désamorcer les interprétations jugées « farfelues » de ceux qui cherchent dans cette église des indices sur la piste d’un trésor…

Dans un document intitulé Église de Rennes-le-Chateau, rumeurs et vérités, il souligne que cette église « marquée par les normes de l’art religieux d’avant 1900 (…) témoigne du projet d’un curé de campagne atypique certes, et qui ne fut pas un saint, d’offrir à ses paroissiens une catéchèse en images. » L’abbé Saunière fut en tout cas été le dernier curé de Rennes-le-Château, et aucune messe ne sera célébrée dans son église pour les cent ans de sa mort.

Source : http://www.la-croix.com

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Article mis en ligne le 4 août 2017, rédigé par P-G.S.

ll y a exactement 300 ans, lors du solstice d’été de 1717, dans une taverne de Londres qui se nommait l’Oie et le Grill(1), des messieurs très érudits et surtout passionnés par les mystères du passé, tels que l’alchimie, les Templiers et les secrets des cathédrales, se réunirent pour fonder une société initiatique : la Franc-​Maçonnerie. Il convient de préciser qu’il s’agit là de la fondation officielle car divers cénacles existaient auparavant et étaient reliés aux corporations de constructeurs. Il n’entre pas dans mon propos de présenter ici un résumé de l’histoire de la Franc-​Maçonnerie dès lors que tout est dit sur Wikipédia. Notre rôle se limite à aller à l’essentiel : quel est le but de cette organisation – fragmentée, il faut le dire en de nombreuses tendances – et de quels symboles fondamentaux fait-​elle usage ? Symboles dont la (ou les) signification(s) devraient énoncer la finalité de l’initiation maçonnique.

Inutile d’insister sur le fait que cette organisation est des plus controversées. Les partisans de la théorie du complot verront partout des maçons à l’œuvre pour saper la souveraineté des nations et l’identité des peuples. Il serait plus exact de dire que certains courants maçonniques se sont fortement impliqués dans des actions temporelles qu’on pourrait, pour simplifier, qualifier de « mondialistes ». Un Maçon aussi éminent que Jean Baylot (1897–1976), qui fut préfet de Police, a montré, avec une érudition exemplaire, ce qu’il en était historiquement dans un ouvrage incontournable intitulé La Voie Substituée(2).

Et ce, afin de dénoncer vigoureusement les courants, agnostiques ou athées tendant à faire de l’institution maçonnique un cheval de Troie destiné à subvertir et détruire les objectifs supérieurs que cette organisation s’était assignés. Tout porte à croire qu’à l’origine les fondateurs de la Maçonnerie furent hautement inspirés par un symbolisme issu des constructeurs de cathédrales qu’on nommait, fort significativement, au Moyen Âge, « les Logeurs du Bon Dieu »(3).

Francs-Maçons médiévaux

Les « Logeurs du Bon Dieu » organisant la répartition des travaux. Miniature médiévale montrant un maître d’œuvre qui tient sa fameuse « règle à 24 pouces » (correspondant aux heures de la journée), toujours présente dans l’emblème officiel du Compagnonnage. Posés devant lui, des outils qu’on retrouve en loge maçonnique : le maillet, l’équerre et le compas.

 

Tout en sachant qu’avant les voûtes romanes et les ogives gothiques, il y eut les temples grecs et romains et, plus haut encore dans la remontée du passé, les impressionnants édifices égyptiens. À ce propos, il était loisible de découvrir, jadis, dans une vitrine du Musée du Louvre, ce que l’on pourrait comparer à de petits insignes destinés à être portés sur un vêtement : équerre, compas, colonne, escalier, corde d’arpenteur ; autant d’instruments intervenant dans l’art de construire. Preuve qu’il s’agissait de graduer et de différencier les fonctions d’une communauté de bâtisseurs.

Niveau Ramsès II

Instrument indispensable dans toute construction, un « niveau » ayant appartenu à l’un des architectes de Ramsès II. Il a été découvert dans Thèbes ouest, tombe N° 1. Cet objet demeure dans la symbolique maçonnique, comme on peut le voir, entouré d’autres insignes d’officiers de loges, sur la couverture de l’ouvrage qui suit.

 

Daniel Béresniak Offices officiers loges

Au centre de la couverture, on reconnaît le « niveau ».

 

Avec la pyramide de Falicon, évoquée dans cette rubrique(4), il nous a été donné de mentionner les activités maçonniques dans le Comté de Nice au XVIIIe siècle. Rappelons qu’un illustre personnage historique dont le nom est définitivement lié à la cité fut un maçon haut gradé : Masséna, Maréchal d’Empire, initié « à l’Orient de Nice » (formule rituelle pour énoncer qu’il est entré en loge dans cette cité). Autre grande figure de l’histoire de notre ville, Garibaldi.

Il suffit qu’un magazine quelconque mentionne la Franc-​Maçonnerie en une de couverture avec les mots suivant : « secret », « mystère », « ésotérisme » associés à « révélations », « dévoilement », « divulgation », le tout illustré par le célèbre emblème qui résume l’idéal initiatique de cette organisation, à savoir une équerre entrecroisée d’un compas, pour que le ventes bondissent. Preuve que la curiosité du public « profane » demeure intense dès qu’il est question des « Frères trois points », comme on les dénomme familièrement. Disons tout de suite que l’auteur de ces lignes n’est pas maçon ; même s’il est intervenu de très nombreuses fois sur ce sujet lors de conférences et de colloques réunissant des passionnés de symbolisme dont certains revendiquaient clairement leur affiliation à une obédience maçonnique. Cette précision apportée, abordons la haute signification de l’emblème que nous venons d’évoquer.

Maçonnerie équerre compas G

La réunion de l’équerre et du compas résume de façon magistrale tout un processus initiatique issu de temps immémoriaux et qui, transmis par les bâtisseurs de cathédrales, outrepasse son utilisation par la Franc-​Maçonnerie.

 

La réunion de ces deux outils était déjà chose courante au Moyen Âge. On l’a vu avec une miniature et on la retrouve ici, sur un dessin, de façon plus probante encore puisque l’équerre et le compas sont dans les mains du maître d’œuvre, l’architecte en chef, qui commente pour un roi la bonne marche des travaux.

Architecte et Roi image médiévale

Communiquant à son souverain toutes les informations nécessaires, un architecte tient l’équerre et le compas, instruments indispensables pour tracer les plans d’un édifice médiateur entre la terre et le ciel.

 

L’équerre, instrument rigide, permet de tracer des angles droits et principalement une surface carrée. Or, il se trouve que, pour les anciens, la terre était symboliquement carrée de par le positionnement des quatre horizons correspondant aux points cardinaux. La « terre », ou densité des choses visibles, représente le corps physique. Tandis que le compas, instrument pouvant modifier son angle d’ouverture, trace un cercle figurant la circularité du ciel et, de la sorte, la dimension spirituelle d’un être, sa capacité à s’intégrer au divin. D’où, par exemple, l’auréole.

Équerre compas Ampus

À Ampus, sympathique petit village du Var, on peut voir au-​dessus d’une porte, ce symbole laissé non par des Francs-​Maçons mais par des Compagnons du Devoir dits « Étrangers » (d’où l’ « étrangeté » de la disposition des outils puisque leur positionnement est curieusement inversé). Une porte de Châteaudouble (toujours dans le Var) est surmontée d’une équerre posée sur un compas : cette caractéristique désigne les « Apprentis », premier grade du Compagnonnage repris par la franc-​Maçonnerie. Pour un maître le compas sera sur l’équerre.

 

L’équerre et le compas entrecroisés représente le passage de l’être terrestre à sa nature supérieure, céleste. C’est très exactement ce que manifeste un dessin de Léonard de Vinci, inscrivant le corps humain simultanément dans un carré et un cercle et qui est reproduit sur la pièce de 1 euro italien(5). Fréquemment, une étoile à cinq branches prend place entre l’équerre et le compas.

Médaille symboles maçonniques

Médaille maçonnique (sans doute d’une loge belge) montrant différents symboles présents en loge, dont les deux colonnes à l’entrée du temple et la pierre cubique, réunis autour de l’étoile flamboyante portant le G.

 

Cette étoile stylise la silhouette humaine et indique, outre le changement de condition, le rôle de médiateur — dévolu à toute personne qui s’en révélerait capable — entre le monde limité de la « terre », sous-​entendu de la matière, et le « ciel » évocateur d’infini. Précisons que l’étoile est rayonnante : on la dit « flamboyante » de façon à suggérer que la condition supérieure d’un être est désormais « lumineuse ». Osons la qualifier d’« apollinienne », en rappelant que Pythagore, considéré comme le fils d’Apollon, est, par le biais des « Logeurs du Bon Dieu »(6), l’une des figures tutélaires de la Franc-​Maçonnerie avec le fameux Hiram, mythique architecte du temple de Salomon.

Entre les deux instruments, ou sur l’étoile, on voit la lettre G. Remarquez bien le graphisme de cette lettre G : elle est formée d’un angle droit (ou d’une équerre) et du mouvement d’un compas. Il se trouve qu’elle est la septième de notre alphabet et que, dans nombre de traditions, le chiffre sept marque le passage graduel entre la terre et le ciel(7). Toutes sortes d’hypothèses ont été formulées quant à la signification de ce G. On a parlé de l’initiale de Gnosis, la « Connaissance », ou encore celle de « Géométrie » puisque le tracé de symbole implique l’équerre, la règle et le compas. La Franc-​Maçonnerie étant née en Angleterre, on y a vu l’initiale du mot « God », « Dieu » (preuve qu’à l’origine les Freemason étaient éloignées de tout athéisme). Si c’est le cas, il n’est pas inutile d’en établir la guématrie : G (=7) + o (= 15, puisque quinzième lettre) + d (= 4, de par sa place dans l’alphabet). Total : 26, nombre unique dès lors que le seul à se situer entre un carré (celui de 5 : 5 x 5) et un cube (celui de 3 : 3 x 3 x 3). Aux dires de certains « initiés » (maçons et non maçons) le 26, comme le savent fort bien les personnes de confession israélite(8) (mais pas seulement), serait la présence du divin dans les nombres. À ce propos rappelons que notre alphabet comporte 26 lettres(9).

Nous sommes donc en présence d’un symbolisme qui vient de fort loin et qu’il serait préjudiciable de limiter au seul domaine d’une maçonnerie empêtrée dans la « voie substituée ». Symbolisme résumant le plus grand défi existentiel : outrepasser le conditionnement qu’impose la médiocrité de nos sociétés pour tenter d’atteindre l’état suprahumain, « apollinien », qui fut, nombre de traditions s’accordent sur ce point, notre nature originelle.

Angela Merkel franc-maçonne

Dans certains milieux conspirationnistes, on prétend qu’Angela Merkel appartiendrait (le conditionnel s’impose !) à un courant maçonnique issu des Illuminati. Pour preuve le signe qu’elle forme fréquemment avec ses doigts. Par les pouces joints, on aurait l’équerre tandis que les index composeraient le compas. Mais, s’il en était ainsi, les deux instruments seraient inversés, comme sur le motif ornant le linteau d’une porte à Ampus.

N.B.: Pour les personnes que ne tente pas l’entrée en loge mais qui s’intéresseraient à ce symbolisme issu des cathédrales, je recommande l’ouvrage de Patrick Geay intitulé : Mystères et significations du Temple maçonnique. Dans ses premières lignes, l’auteur reprend la thèse de Jean Baylot et la résume ainsi : « Fondée à l’origine sur une initiation de métier reliée aux mystère de la construction, la Franc-​Maçonnerie avait (…) été victime d’une sorte de récupération particulièrement grave de la part des courants progressistes et utopistes qui, en la noyautant, avaient complétement renversé le sens de plusieurs symboles tout en introduisant un certain nombre de concepts rigoureusement étrangers à l’Ordre, tels ceux d’évolution et d’égalité (…) Plusieurs mouvements en étaient responsables » dont, cela n’étonnera personne, celui des Illuminés de Bavière, les sinistres “Illuminati”.

Notre illustration à la une : Membres du gouvernement Macron formant le delta, l’un des emblèmes maçonniques (mais aussi compagnonniques), présent sur le billet américain one dollar, même si ce signe exécuté collectivement est supposé représenter un événement sportif ou autre.

(1) Le Cygne et la Harpe, deux emblèmes d’Apollon hyperboréen. Deux emblèmes qui nous conduisent à Delphes et dans un Nord mythique et non point au Moyen-​Orient.
(2) Nous ne saurions trop recommander la lecture de cette étude à toute personne qui, pour des raisons diverses, s’intéresserait à (ou s’interrogerait sur) la Franc-​Maçonnerie.
(3) Formule qui confère toute sa signification spirituelle au mot « loge » mais qui, hélas, ne semble plus comprise par nombre de Maçons que dévoie une vision exclusivement matérialiste du monde.
(4) Voir, même rubrique, l’article du 25 janvier 2017 intitulé Des pyramides dans les Alpes Maritimes ? sur cette singulière construction maintenant en ruine.
(5) Cf. dans cette même rubrique Perspectives l’article du 26 novembre 2014 intitulé L’appartenance, la forme et le centre.
(6) On voit sa représentation parmi les personnages sculptés au portail occidental de la cathédrale de Chartres.
(7) Ainsi, le culte mithriaque comportait 7 grades initiatiques. Les planètes connues des anciens étaient au nombre de 7 et nomment nos jours de la semaine. Chez les Vikings, les 7 couleurs de l’arc-en-ciel constituaient un pont entre la terre et le ciel. Ce dernier thème intervient aussi dans l’histoire de Noé et Steven Spielberg s’en est servi pour le final de son film E.T.
(8) Le nom ineffable, car d’essence divine, est formé de quatre lettres hébraïques (iod, heth, wav, heth), dont la guématrie donne 26.
(9) Pour la « petite » histoire (en fait, peut-​être pas si petite que ça), l’« initié » (mais pas en maçonnerie, contrairement à ce qui a été affirmé par plusieurs auteurs) Hergé fait habiter Tintin à un 26 (cf., pour les passionnés de « Tintinologie », un ouvrage intitulé Hergé et l’énigme du Pôle, Éditions du Mercure Dauphinois, p. 332 et suiv.)

Source : https://www.nice-provence.info

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