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Article mis en ligne le 5 septembre 2017, rédigé par Tara MacIsaac.

Si l’esprit est seulement une fonction du cerveau, on pourrait penser que plus le cerveau est endommagé et plus l’esprit a des difficultés. Tandis que c’est ce que trouve une bonne partie de la recherche actuelle sur le cerveau, il existe un ensemble de preuves suggérant autre chose : dans des circonstances extrêmes comme des évènements proches de la mort, le cerveau donne l’impression de mieux fonctionner alors qu’il est endommagé.

Cela suggère que l’esprit pourrait fonctionner indépendamment du cerveau. L’un des chercheurs ayant étudié de tels cas est le Dr Alexander Batthyany, professeur de psychologie et de philosophie au Département de sciences cognitives de l’université de Vienne.

Dans son étude publiée dans Journal of Near-Death Studies en 2014, Batthyany et ses collègues ont passé en revue des milliers de cas d’expériences de mort imminente (EMI) pour déterminer la qualité de la vision et de la cognition.

Il rapporte : « Plus la crise physiologique est sévère, plus les personnes ayant vécu des EMI ont rapporté avoir expérimenté un fonctionnement cognitif et sensoriel clair et complexe. »

L’objectif de Batthyany était, entre autres, de répliquer des études antérieures, peu nombreuses, s’étant intéressées à la qualité de la vision et de la cognition durant les EMI.

Dans une étude de 2007 conduite par des chercheurs de l’université de Virginie et intitulée Unusual Experiences : Near Death and Related Phenomena, 52,2 % des personnes ayant vécu des EMI ont rapporté une vision plus claire. Jeffrey Long, docteur en médecine et fondateur du Near Death Experiences Research Foundation (NDERF), indique dans une étude menée sur 1122 personnes ayant vécu des EMI que près de 74 % ont rapporté « une plus grande conscience et plus de vigilance ».

« Je me sentais très conscient, totalement présent, vif et concentré. Rétrospectivement, c’est comme être à moitié endormi lorsque j’étais vivant, et complètement réveillé après avoir été annoncé mort », rapporte un autre expérimentateur cité dans l’étude de Batthyany.

« Mon esprit paraissait plus clair et mes pensées semblaient plus rapides et décisives. Je sentais un grand sens de la liberté et étais assez content d’être débarrassé de mon corps. J’ai senti une connexion avec tout autour de moi d’une façon que je ne pourrais décrire. J’ai eu l’impression de penser plus vite ou que le temps s’était considérablement ralenti », exprime un autre.

Bien que l’étude de Batthyany ait confirmé dans une certaine mesure les résultats des études précédentes montrant une augmentation du fonctionnement cognitif et sensoriel durant les EMI, sa méthodologie avait certaines limitations. Il a indiqué que ces limitations pourraient avoir conduit à sous-estimer le pourcentage de personnes ayant vécu une cognition accrue lors des EMI.

Les limitations de la méthodologie

Batthyany a compilé des milliers de rapports écrits de témoignages en ligne de ces expériences, comme sur le site NDERF. Il les a ensuite passé dans un programme informatique qui a identifié les mots reliés à la vision ou à la cognition (comme « voir » ou « pensée »).

Lui et ses collègues ont alors noté la qualité de la vision ou de la cognition décrite dans ce petit échantillon sur une échelle allant de -2 à +2. Ils ont ensuite rétréci leur étude aux expériences comprenant des explications détaillées des conditions médicales accompagnant les EMI. Seuls les patients ayant eu un arrêt cardiaque et/ou respiratoire ont été inclus dans cette étude.

Des études précédentes ont demandé directement aux personnes ayant vécu des EMI la qualité de leur vision et de leur cognition. L’étude de Batthyany n’a cependant analysé que l’information donnée dans les témoignages d’EMI en général. Par exemple, lorsqu’il a décidé qu’il n’y avait « pas de changement » dans la cognition ou la vision dans certains témoignages, cela pourrait être biaisé car il y a bien eu un changement, mais la personne ayant vécu une EMI n’a pas pu la décrire assez spécifiquement pour que cela soit compté.

Sur les personnes ayant vécu des EMI qui ont mentionné la perception visuelle, seuls 47 % ont rapporté avoir eu une vision accrue. Et 41 % avaient une vision inchangée, « ce qui est en soi remarquable, étant donné que ces patients étaient dans une grave crise médicale et souvent inconscients », fait remarquer Batthyany dans un email à Epoch Times.

Sur les personnes ayant vécu des EMI et qui ont fait des références explicites à la conscience et à l’activité mentale, près de 35 % ont rapporté avoir eu une conscience et une activité mentale accrues. Et près de 61 % ont rapporté une conscience normale du quotidien durant un arrêt cardiaque et respiratoire.

Étant donné les implications de son étude, Batthyany a pris soin de noter d’autres lacunes dans sa méthodologie, comprenant le fait que les descriptions d’EMI en ligne peuvent inclure certains rapports frauduleux. Mais il a également noté les raisons pour lesquelles ces lacunes méthodologiques n’impactent probablement pas sa découverte plus générale que les EMI incluent une vision et une cognition accrues.

Par exemple concernant le risque de témoignages frauduleux, il écrit : « Sur NDERF, le plus important contributeur des EMI ici étudiées, moins de 1 % des EMI publiées ont été retirées en raison de problèmes attribuable à leur validité. De plus, étant donné le nombre important de témoignages, il est peu probable que des faux témoignages aient significativement biaisé nos résultats dans une direction ou une autre. On pourrait s’attendre à ce que des faux témoignages… soient caricaturaux du déroulement d’une EMI. »

En plus de ces études sur les EMI, des études sur le phénomène de la lucidité terminale et de la prise de conscience supportent également la conclusion selon laquelle l’esprit pourrait être engagé dans une activité consciente complexe bien que le fonctionnement du cerveau soit alors sérieusement détérioré, indique Batthyany.

Des patients ayant été totalement incohérents pendant de nombreuses années retrouvent finalement leurs esprits peu avant la mort.

La lucidité terminale, la prise de conscience

Le chercheur sur les EMI a aussi étudié la lucidité terminale chez des patients atteints d’Alzheimer. Il s’agit d’un phénomène dans lequel des patients qui ont été totalement incohérents pendant de nombreuses années retrouvent finalement leurs esprits peu avant la mort.

Lorsque le cerveau est à un stade de dégénérescence avancé, on s’attendrait à ce que la capacité de faire des connexions cohérentes entre les souvenirs et différentes pensées et émotions soit partie depuis longtemps de sorte qu’une personne « pleinement consciente » ne puisse plus émerger. Pourtant, à ce moment, l’esprit semble s’éclairer, avec toutes ses connexions intactes.

La « prise de conscience » se réfère au phénomène dans lequel des personnes aveugles ont rapporté avoir été capables de voir durant des EMI. Ceci a par exemple été étudié par Kenneth Ring à l’université du Connecticut. Ring a trouvé que 15 des 21 participants aveugles avaient rapporté une forme de vision durant les EMI.

Des hallucinations ?

Batthyany fait remarquer que certains scientifiques considèrent les EMI comme des hallucinations produites par des processus neurophysiologiques.

« Les découvertes rapportées dans cette publication et des cas de lucidité terminale et de prise de conscience semblent néanmoins suggérer autre chose, en ceci qu’ils indiquent la présence d’une expérience consciente complexe et structurée durant le déclin, la détérioration ou l’absence des corrélats neurobiologiques généralement tenus comme des facteurs causaux des EMI – et de l’expérience consciente en général », indique-t-il.

Il a conclu que la conscience – comprenant un sens de l’individualité, une imagerie visuelle complexe et une clarté mentale – peut parfois survivre au fonctionnement altéré du cerveau, comprenant même un électroencéphalogramme plat de l’activité électrique du cerveau.

La lucidité terminale et la prise de conscience sont un phénomène très rare, mais les EMI sont plus nombreuses et « nos résultats suggèrent que la continuité de l’imagerie visuelle, de l’activité mentale et du sens d’individualité sont la règle plutôt que l’exception durant les EMI ».

Batthyany écrit : « Il reste pour les chercheurs futurs à confirmer ou infirmer notre observation informative par l’analyse formelle. »

Son étude Complex Visual Imagery and Cognition During Near-Death Experiences peut être trouvée dans le volume 34 n°2 du Journal of Near-Death Studies.

Version anglaise

Source : http://www.epochtimes.fr

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Petite plongée dans l'univers des médecines douces, qui séduisent un nombre croissant de Français, puisque plus d'un patient sur sept y a déjà eu recours. Quelle discipline choisir ? Quels résultats espérer et comment choisir un bon praticien ? Zoom aujourd'hui sur la sophrologie.

Qu'est-ce que la sophrologie ?

Le mot "sophrologie" vient des mots grecs "sos", l'harmonie, "phren", la conscience/ l'esprit et "logia", l'étude. Littéralement, sophrologie signifie "l'étude de la conscience harmonieuse". Née en 1960, la discipline a été formalisée par un médecin neuropsychiatre colombien, le Dr Alphonso Caycedo, qui s'est intéressé aux états modifiés de conscience. L'approche douce est basée sur des techniques de relaxation, de respiration et de visualisation. Elle se trouve au croisement de la relaxation occidentale et de la méditation orientale.

Dans quels cas peut-on avoir recours à la sophrologie ?

Les champs d'application phare de la sophrologie sont la gestion du stress, de la douleur, des troubles du sommeil, de l'anxiété, des phobies et des angoisses et la préparation à l'accouchement, à un examen ou une compétition sportive. Débuter une pratique de sophrologie à la rentrée permet, lorsque le mental et le stress reprennent le dessus, d'apprendre à se relier à ses cinq sens, à son animalité, à conserver vivant ses plus beaux souvenirs de vacances et à poursuivre l'expression du mouvement du corps pour contrebalancer la position assise de bureau.

Comment se déroule une séance ?

Le patient est guidé tout au long de la séance par la voix du sophrologue, pendant 30 minutes environ. En fonction de la demande, il utilisera des techniques différentes - en installant le patient debout, assis ou allongé - visant à prendre conscience de son corps et de ses émotions dans le moment présent. 

Quels résultats peut-on espérer ?

Il s'agit d'un entraînement qui vise à l'équilibre physique, psychique et émotionnel de l'individu. Cinq séances permettent d'amorcer de véritables changements. L'objectif est de repartir avec une boîte à outils d'exercices qui permet de devenir autonome sur sa propre détente et prendre confiance en soi.

Comment choisir son praticien ?

Il faut d'abord se fier à une relation de qualité et de confiance et surtout apprécier la voix de la personne qui va vous accompagner. Si l'agacement ou la séduction est au rendez-vous, passez votre chemin. Pour la préparation à l'accouchement, bon nombre de sages-femmes sont désormais formées à la sophrologie. 

Combien coûte une séance ?

En cabinet privé, le prix d'une séance varie entre 50 et 80 euros. La consultation est non remboursée, mais certaines mutuelles interviennent dans les frais, renseignez-vous.

Source : https://www.rtbf.be

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Article mis en ligne le 1er septembre 2017, rédigé par Rebecca Onion, traduit par Antoine Bourguilleau.

Entretien avec l'historien Eric Kurlander, qui vient de publier un livre analysant la fascination des nazis pour l'occultisme.

Aux États-Unis, History Channel et les pages d’Amazon sont littéralement saturées d’histoires de nazis fascinés par les loups-garous, qui vouaient un culte à des dieux païens ou qui affirmaient communiquer avec des extraterrestres. Comme l’écrivait encore récemment l’historien Peter Steudenmaier dans la revue Aeon, toutes ces débats autour de la fascination pour l’occultisme chez les nazis compliquent singulièrement la tâche de ceux qui souhaitent parler des réalités du fascisme. Car après tout, si l’Holocauste a été provoqué par des forces surnaturelles, pourquoi se préoccuper de la manière dont des humains ont procédé?

Mais cela ne veut pas dire que la relation des nazis avec ce type de pensée marginale n'a aucun sens. L'historien Eric Kurlander a récemment publié un livre qui prend l'occultisme nazi très au sérieux: Hitler's Monsters: A Supernatural History of the Third Reich. En étudiant l'astrologie, certaines pratiques archéologiques, historiques et folkloriques, et d'autres théories scientifiques, qu’il regroupe sous le vocable d'«imaginaire surnaturel», Kurlander raconte comment la popularité de cette pensée surnaturelle a servi aux nazis dans la création de leur propre réalité politique en Allemagne.

Nous avons récemment parlé avec lui de la théorie dite de la glace éternelle, de l'antisémitisme qui sous-tend toutes les critiques nazies à l'égard de la science dominante et des leçons que l’on peut tirer du déni de réalité des nazis dans notre époque de post-vérité.

Qui s’intéressait à la pensée surnaturelle en Allemagne de 1918 à 1945? Était-ce général? Pensez-vous que les nazis y croyaient vraiment ou qu’ils trouvaient la chose politiquement commode?

Les élites urbaines progressistes instruites et les intellectuels juifs étaient naturellement les moins enclins à considérer tout cela comme authentique, ou à le considérer comme autre chose qu'une pathologie de la modernité, une pathologie particulièrement développée en Autriche et en Allemagne –et qu'il fallait traiter. Certains d’entre eux connaissaient des gens qu'ils respectaient par ailleurs et qui trouvaient cela intéressant. Ils s'inquiétaient de leur réaction, mais la plupart de ces élites n’y croyait absolument pas. Pour eux, c’était du bidon.

Parlons à présent des classes moyennes et du prolétariat en Allemagne et en Autriche. La pratique religieuse traditionnelle s’y était affaiblie au cours du XIXe siècle. La Première Guerre mondiale avait semé énormément de troubles à cet égard car elle avait tout remis en question. Beaucoup de gens étaient –je vais utiliser à regret les termes que certains intellectuels de l'époque utilisaient– «à demi éduqués» ou «semi-éduqués»; Theodor Adorno pouvait alors déclarer que «l'occultisme est la métaphysique des imbéciles». Disons que nous parlons donc clairement de gens qui étaient suffisamment éduqués pour désirer une alternative à la religion traditionnelle, et pour pouvoir argumenter scientifiquement ou avec un peu d’autorité sur des questions telles que la religion, les sciences, la politique, et qui considéraient alors que ces doctrines alternatives, ces instituts et ces cours de parapsychologie, ou bien la lecture du tarot, venaient un peu atténuer le désenchantement du monde provoqué par une industrialisation de masse. Voilà quelle était la situation de millions d'Allemands et d'Autrichiens. (Et c'était aussi vrai en Grande-Bretagne et en France!)

Pourquoi tant de nazis, en particulier, y croyaient-ils ou trouvaient-ils cette pensée intéressante ou potentiellement utile pour manipuler la population?

Parce qu'ils avaient grandi à une époque de véritable floraison de la pensée surnaturelle à travers toute l'Allemagne et en Autriche. Même les nazis les plus sceptiques considéraient cette pensée surnaturelle comme un outil. Au cours des années 1920, Hitler et Goebbels font par exemple tous deux le constat que les adeptes de la pensée völkisch [un terme intraduisible et qui décrit un courant de pensée païen, germanique, antisémite et racial qui nait au XIXe siècle en Allemagne et s’y développe, NdT] sont les plus susceptibles d'adhérer au parti nazi. Nombre de ces personnes n’auraient rien contre l’idée de se promener «vêtues de peaux d'ours», comme Hitler l’écrit dans Mein Kampf, quand il évoque les runes.

Mais Hitler et Goebbels ont par ailleurs clairement fait savoir que le nazisme n’avait rien à voir avec tout ce folklore, ce qui permet à certains d’affirmer qu’Hitler n’y croyait pas du tout et que c’était de la pure manipulation. Mais si tel était le cas, la question que je pose est celle de savoir pourquoi Churchill, Roosevelt ou Léon Blum n'ont pas eu recours à une telle pensée pour s’adresser leurs électeurs? C’est tout simplement parce que la pensée surnaturelle ne faisait pas partie de la panoplie politique dans leurs pays respectifs.

Attardons-nous un instant sur la France: en France, on n’assiste à aucune politisation ou racialisation de la pensée surnaturelle. Il y a bien ce que l’on appelle la théosophie en Grande-Bretagne et en Amérique, mais c’est un mouvement relativement inoffensif, où des gens se réunissent dans un salon pour tenter de se connecter aux esprits ou pour écrire des nouvelles sur l’Atlantide –la belle affaire! Le concept des races-racine, élaboré par Helena Blavatsky, fondatrice russe de la théosophie, n’a jamais été pensé comme la base d’une théorie de la «race supérieure» ou d’une guerre des races que les progressistes et conservateurs qui alternent à la tête de la Grande-Bretagne et des États-Unis auraient pu utiliser à des fins politiques. Il n’influence en rien la politique étrangère ou sociale d’un Roosevelt ou d’un Churchill. Mais en Allemagne, de très nombreux membres ou soutiens du parti nazi emploient des mots et des idées directement inspirés par ces théories «scientifiques» occultes et surnaturelles. On croit ainsi à l’existence de races inférieures, et à une civilisation de Thule.

Vous faites une distinction entre la pseudoscience, qui tente (sans y parvenir) de se faire une place au sein de la science conventionnelle, et ce que vous appelez la «para-science» qui travaille dans les marges, et dont l’épistémologie est fondé sur la croyance. Quelle était la relation, en Allemagne, entre les gens qui essayaient encore de s’inscrire dans le cadre d'une activité scientifique internationale et globalisée durant les années 1920 et 1930 et ceux qui s’adonnaient à ces expériences para-scientifiques de plus en plus soutenues par le régime? Je pense notamment à la théorie de la glace éternelle –cette idée que tout notre univers aurait été créé par la collision de deux étoiles, collision qui aurait projeté partout des lunes et des planètes glaciales– qui rejoint certaines des idées de la mythologie nordique, ce qui lui vaut l'appui des nazis malgré son côté plus que nébuleux?

Au cours des années 1910 et 1920, les scientifiques du courant dominant démontrent facilement l'amateurisme de la para-science. Il n’existe pas assez de postes universitaires ou d'instituts de recherche officiellement parrainés par le gouvernement impérial allemand, autrichien ou de la République de Weimar pour promouvoir la théorie de la glace éternelle dans le monde. Mais cette théorie était extrêmement populaire chez les penseurs völkisch et ésotériques, comme chez certains ingénieurs qui ne comprenaient pas tout à fait la physique moderne, mais qui connaissaient assez de jargon technique pour en adopter les idées générales et faire valoir qu'elles étaient une alternative valable à la «physique juive».

Au cours des années 1930, Hitler et Himmler décernent le titre honorifique de docteur honoris causa à Philipp Fauth, co-auteur encore vivant de la théorie de la glace éternelle, la «cosmogonie glaciaire» comme ils l'appelaient. Ils le placent alors, avec Hans Robert Scultetus, météorologue de formation, à la tête d'une Division internationale de recherche sur la théorie de la glace éternelle en 1935 ou 1936, au sein de l'Ahnenerbe, l’énorme l'Institut sur la Recherche Ancestrale créé par Himmler. Le seul but de cette division est de coordonner et de propager la théorie de la glace éternelle comme doctrine nazie officielle.

Un an plus tard, ils commencent à recevoir des lettres désagréables en provenance de l'Académie des sciences de Prusse ou de physiciens et de géologues professionnels, qui leur disent, en gros: «Vous faites quoi les gars? Nos gamins n’ont plus les moyens d’étudier sérieusement les mathématiques, nous essayons de reconstruire nos forces armées et d'améliorer notre technologie et vous, vous diffusez ces publications officielles qui prétendent que la théorie des glaces éternelle est tout aussi valable voire meilleure que la géologie et la physique modernes? C'est vraiment problématique».

Ces vrais scientifiques, renommés, pour autant que je puisse le dire, ont été tout simplement ignorés. Himmler ne les a pas mis en prison ou quoi que ce soit, il a tout bonnement ignoré leurs protestations. Par contre, pour les protestataires proches de la SS, comme un certain Georg Hinzpeter, les ennuis sont au rendez-vous. Tout ce que Hinzpeter s’est contenté d’écrire, c'est: «Vous savez, si nous nous appuyons sur ce que nous avons trouvé au cours des trente dernières années en physique et en géologie, certains calculs et affirmations de Hörbiger [principal auteur de la théorie de la glace éternelle, NdT] datant de près de quarante années –et ce n’est pas de sa faute si nous étions alors dans les années 1890– ne tiennent plus tout à fait la route, et nous devrions peut-être repenser ces prémisses.» Himmler, Scultetus et Edmund Kiss (qui écrivait des romans sur l’Atlantide et n’était pas même un scientifique) lui répondent à peu près ceci: «Devinez quoi? Nous disposons maintenant d’un protocole [le protocole Pyrmont]. Toute personne qui travaille sur la théorie de la glace éternelle doit désormais souscrire à ses principes de base» –c’était une véritable Bible. «Et si vous ne le faites pas, vous ne serez pas autorisé à publier, du moins pas avec l'imprimatur du gouvernement, et vous n'obtiendrez pas le moindre financement.» En 1939, la théorie de la glace éternelle est devenue une sorte d'orthodoxie très rigide.

Comme dans d’autre domaines, le Troisième Reich savait se montrer un peu moins totalitaire quand le besoin s’en faisait sentir. Ils n’allaient tout de même pas se passer des services de brillants scientifiques «aryens» qui payaient leurs impôts et soutenaient les efforts de l’armée sous prétexte qu’ils trouvaient cette théorie ridicule. Mais ils n’allaient pas pour autant changer de point de vue ni la manière dont ils distribuaient des subventions.

Quelles autres théories, à part la théorie de la glace éternelle, le régime a-t-il soutenu de cette manière?

Eh bien, tout l'appareil de la théorie des races est autant fondé sur des idées tirées de la religion indo-aryenne, de la mythologie nordique et des doctrines occultes que sur la para-science, la biologie moderne ou l'eugénisme. L'eugénisme tel que pratiqué dans la plupart des pays occidentaux était limité par le fait que ces gens voulaient être acceptés par la biologie conventionnelle. L'eugénisme était donc une pseudo-science, pas une para-science. L’eugénisme est né de la génétique et de la biologie courantes, mais en a tiré des conclusions qui étaient totalement déconnectées des capacités scientifiques ou de la réalité de l'époque. Et quand l’eugénisme a démontré son caractère ô combien destructeur, tant sur le plan scientifique qu'idéologique, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il été rangé dans les oubliettes de l’histoire.

Dans le cas des nazis, c'est le contraire. S’ils acquiescent à certaines théories du mouvement eugénique et affirment de ci de là s’inspirer de tel ou tel eugénisme scandinave ou britannique, quand on regarde leurs argument sur la race, avec les Juifs dépeints comme monstrueux et les Slaves comme des «sous-hommes», tandis que les civilisations indiennes, japonaises, voire persanes et arabes sont considérées comme au moins en partie indo-aryennes, tout est imprégné d’ariosophie, de théosophie et d’anthroposophie –ces grandes doctrines occultes qui sont si populaires en Allemagne et en Autriche. Tout cela a si peu à voir avec la science empirique, et même avec la pseudo-science pratiquée ailleurs au cours de la première moitié du XXe siècle, que la voie s’en trouve grande ouverte pour tous les délires fantasmagoriques en politique.

Dans quelle mesure le sentiment anti-scientifique au sein du parti nazi était-il antisémite?

Les nazis pensaient, assez simplement, qu’existaient de nouvelles sciences, de nouvelles façons de faire des choses, que les scientifiques traditionnels n'avaient pas acceptées parce qu’ils avaient été corrompus par des matérialistes juifs de gauche qui ne comprennent pas les aspects mystiques de l’existence. Parce que les Juifs, faisaient-ils valoir, étaient des gens mauvais, égoïstes et sans âme, qui étaient tout simplement incapables d’opérer une connexion organique entre l'âme et le corps –sans parler de toutes les autres idées que les adeptes de la pensée völkisch et ésotérique, et beaucoup de nazis, avaient acceptées.

Vous soutenez que, vers la fin de la guerre, la pensée miraculeuse a causé un préjudice stratégique et militaire grave à l'effort de guerre nazi. Quels ont été les effets de cette pensée magique sur les décisions qui ont mené à la défaite et après la défaite?

J’ai le sentiment que l'imaginaire surnaturel et le rejet par les nazis de la science dominante au profit de la para-science ont eu un impact sur leur capacité, tant sur le plan financier que logistique, à utiliser de manière optimale leurs ressources militaires. Je donne des exemples, comme le programme de fusées, celui sur les rayons de la mort et d'autres choses que les SS ont tenté de mettre au point, sans parler de l'aversion d'Hitler pour la technologie nucléaire. Je ne l'ai pas quantifié, l'effet n'a peut-être été que marginal, et il reste beaucoup de recherches à faire dans ce domaine. Peut-être que la pensée surnaturelle n'a fait qu'affaiblir de manière minime la capacité des nazis à produire ce dont ils avaient vraiment besoin à un moment donné –plus de bombardiers, plus de chasseurs– et qu’ils auraient perdu la guerre de toute façon. Mais il est clair que cette pensée a eu un impact.

Nous sommes en effet à un moment historique, en Autriche et en Allemagne, où, pour diverses raisons, la popularité intrinsèque de certaines idées occultes et des doctrines para-scientifiques, celle des religions alternatives, de la mythologie nordique et du folklore allemand, aiguillonnée par des crises comme la Première Guerre mondiale ou la Grande dépression des années 1930, permet à l’imaginaire surnaturel de se répandre de manière plus large jusqu’à devenir une composante dangereuse de la pensée politique, un phénomène que l’on n’observe dans aucun autre pays à ce moment-là.

Après la guerre, une fois l'Allemagne vaincue, ce genre de pensée surnaturelle disparaît du domaine de la politique, et n’existe plus guère que sous la forme de passions privées. Plus d'instituts de recherche soutenus par Himmler ou Hitler pour parrainer des études sur la parapsychologie, les sourciers ou la théorie de la glace éternelle –c’est terminé. Après l'effondrement du ministère de la Propagande de Goebbels, plus aucun dirigeant politique allemand ne promeut l'astrologie comme moyen de propagande ni ne menace des gens de représailles de la part de «loups-garous» nazis. Pour moi, c’est fondamental.

Malgré cela, les gens continuent de se passionner pour le surnaturel! Ils jouent à des jeux vidéos, lisent Harry Potter. Mais la plupart d’entre eux font la différence entre le surnaturel et la science empirique; entre le fantastique et la politique. Je pense que depuis 1945, les Allemands sont devenus beaucoup plus allergiques que d’autres à tous ces modes de pensées organiques, racistes, völkisch précisément à cause de ce qui s’est passé en Allemagne entre la fin du XIXe siècle et 1945. Cela n’a pas disparu, mais cela n’est plus désormais que du ressort du privé –et manipulé avec précaution.

L'une des choses qui fait que les progressistes, les gens de gauche et même les centristes sont si en colère contre l’administration Trump et ses dénis de réalité, c'est ce sentiment que rien de ce que l’on peut dire ou faire ne change quoi que ce soit. Les adversaires et opposants du nazisme en Allemagne ont-ils fait quelque chose dont les Américains pourraient s’inspirer pour résister à cette invasion du surnaturel dans le discours politique et la psyché nationale?

Je pense sincèrement qu’entre un quart et un tiers des personnes qui vivent dans des sociétés industrialisées modernes sont sensibles aux sirènes du fascisme. Ils peuvent bien déclarer tout haut qu’ils croient en la démocratie, en les élections et en certains droits individuels, mais en fin de compte, ils seraient prêts à sacrifier ces mêmes droits si cela pouvait leur permettre de vivre au sein d’une communauté nationale biologique qui correspond à la vision qu’ils se font de leur pays. Et ils seraient alors prêts à abandonner toutes sortes de droits voire à expulser les étrangers eux-mêmes.

Et si vous souhaitez lutter contre les gens qui ont une telle vision des choses, vous souhaitez aussi faire en sorte de ne pas vous aliéner les personnes plus rationnelles, celles qui évaluent correctement la dangerosité d’une telle dérive et qui ne se rangeraient du côté des fascistes que par peur de ce que pourrait proposer une alternative de gauche trop radicale à leurs yeux.

Voilà pourquoi il est important de ne pas exagérer ou diaboliser certaines idées, car oui, certains points de vue sont légitimes, même si vous n'êtes pas d'accord avec eux. Voilà pourquoi il faut être attentif aux termes qu’on emploie pour identifier et dénoncer la pensée fasciste, raciste ou surnaturelle.

Cela n’a rien d’évident, car la pensée surnaturelle fait un peu penser au dentifrice qu’il est extrêmement difficile de faire rentrer dans le tube une fois qu’il en est sorti. Lorsque des réponses religieuses ou surnaturelles sont données, des années durant, à des problèmes complexes, il devient par exemple très compliqué d’affirmer soudainement: «Oui, le réchauffement climatique est un fait indéniable. La seule question qui nous est désormais posée c’est celle de la gravité de la situation et de ce que nous pouvons faire pour y remédier.» Ou bien de dire: «Non, le monde n’a pas 5.000 ans, le monde a des milliards d’années, il faut accepter la science et l’évolution des espèces.» Il est devenu très compliqué, même pour des conservateurs –et ne parlons pas des progressistes–, de dire cela et de se faire quand même élire.

Lorsqu'il est question de certains de ces fondamentaux sur lesquels s’appuie notre réalité politique et sociale, tous les gens instruits, tous les citoyens, peu importe leur orientation politique, devraient se mettre d’accord et pousser dans le même sens. Malheureusement, c’est loin d’être le cas…

Source : http://www.slate.fr

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Article mis en ligne le 7 septembre 2017, rédigé par Anissa Boumediene.

Parmi ceux qui consultent des voyants, on retrouve des vingtenaires et des trentenaires, avides de savoir ce que leur réserve l'avenir.

  • Parmi leurs clients, les voyants comptent une part de vingtenaires et de trentenaires désireux de savoir ce que le futur leur réserve.
  • Pour ces jeunes, le besoin de réconfort et de repères dans des périodes de stress ou de difficultés explique bien souvent leur recours aux voyants.

Vais-je enfin trouver un boulot ? Rencontrer le grand amour ? Combien aurai-je d’enfants ? Bref, que me réserve l’avenir ? Pour les plus impatients, pas question d’attendre que le futur ne devienne le présent pour savoir ce qu’il leur réserve. Et pour obtenir des réponses à ces questions a priori insolubles, certains se tournent vers la voyance. Une tendance loin de n’être qu’un « truc de vieille dame », alors que de plus en plus de vingtenaires et de trentenaires s’intéressent aux arts divinatoires pour tenter de savoir ce que le destin a écrit pour eux. Mais pourquoi ? Nos internautes témoignent de ce que la voyance leur apporte.

« Besoin de réconfort »

« La première fois que j’ai consulté une voyante, j’avais 20 ans, j’étais mal dans ma peau et avec un grand manque de confiance en moi », se souvient Tom*, aujourd’hui âgé de 22 ans. La voyante, « la mère d’une collègue de travail », le met « rapidement en confiance. Elle m’a décrit comme si elle me connaissait depuis toujours puis m’a "prédit" mon avenir un décès à l’automne dans mon entourage, une perte de poids, un déménagement et un changement professionnel, se souvient-il. Un an après, j’ai perdu un de mes arrière-grands-parents, j’ai déménagé dans une autre ville, j’ai perdu 25 kg et j’ai repris mes études pour changer de métier ».

« Certains vont avoir recours à un psychologue pour obtenir des conseils pour faire évoluer leur vie et d’autres vont préférer consulter une voyante pour recevoir une bonne parole porteuse d’espoir, décrypte le Dr Dan Véléa, psychiatre addictologue. Les gens, et les jeunes en particulier, consultent des voyants parce qu’ils sont en quête de repères, d’encouragements, pour combler leur besoin de réconfort. De la même manière que ceux qui souffrent de TOC, ceux qui recourent à la voyance se réfugient dans des rituels, ici divinatoires, qui les rassurent ».

Mal-être et doutes

Anna*, la trentaine, croit « à la voyance et aux arts divinatoires depuis l’adolescence ». Elle n’a consulté que quelques fois dans sa vie, « par hasard et par le bouche-à-oreille ». Mais la jeune femme le reconnaît, « à chaque fois que j’ai vu une voyante, c’est à des moments où j’étais mal, quand j’étais en conflit avec mon père, quand j’ai eu des doutes dans mon couple, sur la tournure que ma vie prenait ou sur des relations dont je sentais qu’elles étaient toxiques, confie-t-elle. Ce qui pousse à consulter une voyante, c’est quand on n’est pas bien dans sa tête et dans sa vie, pas quand tout est rose. Aujourd’hui, tout va bien pour moi et je n’ai à cet instant pas envie de retourner voir une voyante ». La sœur d’Anna, elle, consulte encore assez régulièrement chiromanciennes et tireuses de cartes. « Pour savoir si elle retrouvera un emploi, si la personne qu’elle fréquente sera celle avec qui elle fera sa vie, raconte Anna. Quand on se sent en détresse, la voyance est une béquille émotionnelle ».

Après s’être installé dans sa nouvelle ville, Tom est « tombé follement amoureux d’un collègue » et a de nouveau consulté un voyant, pour savoir si cet amour qui semblait être à sens unique serait un jour réciproque. « Le voyant m’a prédit que je rencontrerai quelqu’un d’autre, que j’aimerai profondément et avec qui je m’unirai. Et j’ai ensuite rencontré mon nouvel amoureux, avec qui je suis aujourd’hui pacsé ». Une « prédiction » qui s’est donc révélée exacte. « Mais dans ce type de situations assez génériques, à l’instar d’un chagrin d’amour, il y a grosso modo une chance sur deux pour que vous refassiez votre vie et qu’ainsi la "prédiction" se réalise, tempère le Dr Dan Véléa, c’est hasardeux. Encore une fois, on est dans le registre de la parole rassurante ».

« De fins psychologues »

Pour Tom, la voyance « était littéralement devenue une addiction : j’étais mal en arrivant à ma séance et j’en sortais totalement euphorique. Et s’il est vrai que les "prédictions" se sont réalisées, je serais bien incapable de dire s’il s’agit d’un don ou de charlatanisme, concède le jeune homme. En revanche, je suis convaincu que les voyants sont de fins psychologues qui savent écouter, et deviner des choses à votre sujet ». Elle aussi ancienne « accro à la voyance », Florence* a mis un terme à son addiction, grâce à « une bonne thérapie avec un psy. Désormais, c’est fini tout ça ! »

Anna, elle, est moins catégorique. Avoir un penchant pour les arts divinatoires et à « ce qui touche à l’ésotérisme », c’est aussi pour elle un moyen de « satisfaire une quête de nouvelle spiritualité, au-delà des religions ». Persuadée que « des phénomènes nous dépassent et que des énergies circulent autour de nous », la jeune femme continue à « croire en la voyance et au pouvoir de la pensée positive », ainsi qu’aux bienfaits d’une « séance occasionnelle chez un magnétiseur, pour se remettre les énergies en place ». Mais se considère toutefois comme « seule maîtresse de [s] on destin ».

* Les prénoms ont été changés

Source : http://www.20minutes.fr

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Article mis en ligne le 14 août 2017, rédigé par Arnaud Gonzague.

1 Ngöndro

Ces "préliminaires" sont une série de pratiques préparatoires à des disciplines plus avancées – même s’ils peuvent occuper toute une vie, tant ils sont profonds et exigeants. Contemplation des "quatre pensées" (dont l’impermanence, le karma et la souffrance des renaissances dans le samsara). Prosternations "sur les cinq points" (genoux, mains, front). Récitation du mantra des cent syllabes à Vajrasattva afin de se purifier des émotions négatives. Offrande du mandala, qui symbolise toutes les richesses et toutes les qualités de l’univers, afin de se libérer de l’attachement. Et enfin "Guruyoga", la pratique la plus essentielle des ngöndro : visualisation du maître sous la forme d’un bouddha, à qui l’on offre des prières et des offrandes et dont on reçoit des transmissions de pouvoirs.

Dans cette pratique, le maître se dissout dans la lumière et se fond en son disciple, au point que la sagesse de ce dernier devient le miroir de celle du maître.

2 Six yogas de Naropa

Pratique exposée par le maître Naropa (1016-1100), incontournable dans les traditions Guélougpa et Kaguypa. Elle comprend six étapes, dont trois essentielles. Le toumo : "violent embrasement" qui consiste à faire grandir en soi une flamme intérieure, au point de ressentir une chaleur intense. Grâce au toumo, les yogis peuvent méditer dans les neiges himalayennes sans éprouver d’inconfort. La deuxième étape est le gyoulé, "corps illusoire", qui permet au yogi de réaliser que son corps est dépourvu de réalité, puis de percevoir que le samsara et le nirvana sont également des illusions. La dernière pratique fondamentale est eusel, "claire lumière". Elle fait entrer le pratiquant dans un état de semi-torpeur, puis le fait glisser dans le sommeil tout en demeurant conscient. Le sommeil de claire lumière est une préfiguration de ce qui accueillera le pratiquant au moment de sa mort.

3 Tonglen

Méditation qui conduit à développer la compassion à l’égard de tous les êtres en pratiquant le donner et le recevoir (signification de "tonglen"). Le yogi, en inspirant, recueille en lui la fumée noire de la souffrance universelle et la dissout dans la vacuité. En expirant, il distribue tout son bonheur et son bien-être sous l’aspect d’une lumière blanche.

4 Mahâmudrâ des tantras

Le "Grand Sceau" est l’ensemble de pratiques tantriques du Vajrayana visant la "grande félicité" et la sagesse véritable, c’est-à-dire la compréhension du lien entre vacuité et félicité. Cette tradition contemplative qui n’exige pas de changement dans le mode de vie, se focalise sur l’esprit lui-même afin d’en connaître la véritable nature, toujours libre et joyeuse, quelles que soient les conditions extérieures. Il comporte notamment deux types de méditation, shamatha ("repos dans la nature de l’esprit") et vipashyana ("vue claire").

5 Mantra

Formule sacrée que l’on répète et qui est considérée comme un son de la réalité absolue, au-delà des apparences et des conditionnements. C’est, en d’autres termes, la vibration sonore de la sagesse du Bouddha. Chaque mantra a un objectif : certains font naître des visualisations (images mentales), d’autres sont des offrandes aux maîtres ou aux déités, d’autres encore servent à des activités précises (apaisement, magnétisation, longévité, transmission d’un pouvoir…). Le mantra dit "des six syllabes" (om padme mani padme hum), le plus courant au Tibet, est recommandé en cas de souffrance, la nôtre ou celle des autres.

6 Mandala

Représentation graphique ou mentale de l’univers et de la quintessence de toutes choses. Ce "centre entouré de quelque chose qui le cerne" (signification de mandala en sanscrit) a la forme d’une roue – l’univers bouddhiste est un cercle – avec, au centre, un palais carré où trône une déité avec ses disciples, entouré de divers cercles (de lumière, de lotus, de feu…). Le mandala est un support pratique de méditation et de visualisation permettant d’atteindre la sagesse des bouddhas. Il peut être peint en deux dimensions, composé avec des sables colorés, ou sculpté en trois dimensions, comme l’immense mandala en cuivre doré de Kalacakra conservé dans le palais du Potala, à Lhassa.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

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